// Un peu d'aventure...

Des livres

Le barbare, ce livre

C’est qu’il manque beaucoup à ce voyage pour être réel. Je le sus plus tard. Faisais-je exprès de laisser de côté ce qui précisément allait faire en plusieurs de ces pays de la réalité nouvelle : la politique ?

Comme on le voit, ce voyage était mal parti. Je ne vais pas le rattraper. Je ne le pourrais pas. Je le voudrais souvent, mais impossible de rien remettre sur ses épaules. On peut seulement retirer, dégager, couper, faire quelques raccords, vite fourrer quelque chose dans un vide soudain gênant, mais non pas le changer, non pas le réorienter.

Ce livre qui ne me convient plus, qui me gêne et me heurte, me fait honte, ne me permet de corriger que des bagatelles le plus souvent.

Il a sa résistance. Comme s’il était un personnage.

Il a un ton.

A cause de ce ton, tout ce que je voudrais en contrepoids y introduire de plus grave, de plus réfléchi, de plus approfondi, de plus expérimenté, de plus instruit, me revient, m’est renvoyé… comme ne lui convenant pas.

Ici, barbare on fut, barbare on doit rester.

Henri Michaux, Un barbare en Asie (1933, 1967).

Un homme. Il est assis.

Discussion

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  1. Voyager, partir est l’affrontement de votre propre vaincu face à d’autres réalités qui nous sont inconnues. L’écriture transmet nos émotions du moment que nous véhiculons à travers
    un récit. A sa lecture voir relecture, en fonction de notre état émotionnel votre ressenti en est souvent différent.

    Posté par soule | 31 mai, 2009, 14:55