// Un peu d'aventure...

Des lieux

The one with tubing in Vang Vieng

On pourrait dire de Vang Vieng qu’elle est une ville sociologique, c’est-à-dire qu’elle n’a d’intérêt que pour les sociologues (et les Australiens, ce qui est sans doute lié). On a peine à croire qu’elle fait partie du même pays que Luang Prabang. Vang Vieng fait penser à une ville du Far West : une grande rue centrale, des saloons tout le long et même les chercheurs dorent. Il suffit de moderniser un peu le concept, en ajoutant des cyber-cafés (parce qu’il faut bien mettre son statut facebook à jour), des agences de voyages (pour ne pas aller chercher son billet de train soi-même) et des restaurants calibrés pour la clientèle occidentale (européenne, américaine, australienne et même… israélienne !). Tout est fait pour se sentir comme chez soi, mais en moins cher, avec en prime la classe de pouvoir dire « j’ai été au Laos, c’était génial ».

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Vang Vieng, cependant, est fascinante, parce qu’elle n’a pas d’âme, ou plutôt qu’elle l’a vendue. Dans les trois quarts des restaurants de la ville sont diffusées en permanence des « rediffs » de Friends, avec des sous-titres anglais importés de Chine, et rarement fidèles. On arrive, on se dit : « tiens, Friends, c’est cool », on s’assoit, on commande une pizza et un banana shake, puis on regarde. Vang Vieng, c’est un peu ça : un épisode de Friends qu’on a vu dix fois mais qu’on visionne encore.  How you do’in ? Ca va, tranquille. Parfois, cela varie et on peut regarder les Simpsons ou South Park.  Que du bonheur, on vous dit.

Un pont entre deux rives

Le tee-shirt avec le logo « Tubing in Vang Vieng » est peut-être l’un des plus vendus d’Asie du Sud-Est. Le tubing c’est quoi ? Un prétexte. Au départ, un pneu qu’on utilise pour parcourir une rivière. Mais en fait, très peu font vraiment ça (et ils n’ont pas tort parce que c’est très ennuyeux). Sur les premiers cinq cents mètres de la rivière, de chaque côté se trouvent des bars où l’on peut acheter des buckets pour rien. A quoi ça sert d’aller plus loin, bro ? Autrement dit faire du tubing à Vang Vieng, c’est boire à Vang Vieng. On voit ainsi des centaines d’Occidentaux danser, buckets d’alcool à la main, entre eux (et seulement entre eux) le long de la rivière. Certains arborent fièrement des pseudo-tatouages « 143 days in Vang Vieng » (c’est dire s’ils ont vu du pays), d’autres le tee-shirt du Bucket Bar. Socialement, ces mecs-là sont haut placés. Ils sont souvent derrière le bar et savent jongler avec les bouteilles d’alcool. Amazing, isn’t it ?

Discussion

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  1. J’ai bien aimé ce post un peu moqueur. Les photos aussi, très parlantes. Mais je n’ai pas bien compris le coup du pneu: comment parcourt-on une rivière sur un pneu ? Pas évident… Et cela se fait-il vraiment ? Une photo ou une explication aurait été bienvenue.

    Posté par attentive | 28 mai, 2009, 16:48
  2. En fait, le pneu est là encore plus ou moins un prétexte. L’idée, c’est de s’assoir dessus, et de plus ou moins se laisser porter. Les plus courageux peuvent éventuellement ramer, mais la plupart abandonnent avant la fin car c’est finalement assez ennuyeux…

    Posté par Arthur | 1 juin, 2009, 16:23
  3. Cher Arthur,
    je te connaissais plein de qualité mais en plus de ça, tu manies parfaitement le verbe ;-)
    Ton post ne trompe pas, ces quelques mois loin des terres françaises n’a pas détérioré ton esprit critique et ton analyse classe sous-jacente! Le retour va être passionant minot!
    Bises!

    Posté par Mathieu | 4 juin, 2009, 1:16
  4. … ton analyse de … et pas ton analyse classe…Désolé camarade!

    Posté par Mathieu | 4 juin, 2009, 1:17