// Un peu d'aventure...

Des lieux

V comme Vietnam

Elle attendL’impression la plus forte qu’on garde du Vietnam, c’est la dureté de ses habitants. Avec deux guerres gagnées contre des (prétendues ?) grandes puissances, la France d’abord puis les Etats-Unis ensuite, ils ont de quoi être fiers. Et ils le sont. C’est ce que l’on ressent chez beaucoup d’entre eux.  Il en découle une certaine complexité des rapports avec les étrangers. Les ainés ont la fierté d’avoir battu deux pays a priori supérieurs militairement, qu’ils semblent avoir transmis aux plus jeunes générations.

Cela se ressent à plusieurs niveau. Typiquement en matière de marchandage (le « bargaigning » en langage backpacker). Si on peut le considérer comme un art (dramatique ?) en Chine, c’est un véritable combat au Vietnam. Le but du vendeur chinois est de céder son bien, presqu’à tout prix, là où un Vietnamien préfèrera garder son « honneur » plutôt que de trop réduire son prix. Pour perpétuer la fierté des anciennes générations, il y a peut-être l’idée de montrer aux touristes, nécessairement plus fortunés, qu’ils ne peuvent pas tout acheter, qu’ils ne peuvent pas les acheter. Le marchandage est un combat, parce qu’il faut se battre pour ne pas se faire avoir. Parfois, ça peut devenir tendu, là où en Chine, cela s’apparente plus à du jeu. Il en ressort malheureusement un sentiment de méfiance qui ne facilitent pas les rapports entre touristes et Vietnamiens.

Pourtant, force est de constater que pour certains, la fierté a ses limites que l’argent ne connaît pas. Que dire de ces hommes qui vous abordent continuellement dans les ruelles touristiques de Cat Ba pour vous proposer “boum boum”. Dit autrement : vous emmener dans un salon de “massage”, là où ce dernier ne sera qu’un prétexte à la prostitution.

Au Vietnam, même les paysages sont fiers. Ils sont fiers parce qu’ils sont beaux. Mais aussi parce que certains d’entre eux portent également les stigmates de la « guerre du Vietnam ». Les grottes de Tam Coc servaient parfois de refuges aux combattants Vietcongs. On y construisit même un hôpital. On s’y promène, baladés en barque par une femme qui rame avec… ses pieds ! Le parcours – très touristique – est gérée par une coopérative, sans doute pour éviter une concurrence trop agressive qui risquerait de faire baisser les prix.

Pour finir sur une note positive, car il ne s’agit pas de généraliser hâtivement, je me permets de raconter ma première heure au Vietnam. En sortant de l’aéroport, refusant de gagner le centre en taxi, je me dirige vers un bus, que je prends. Mais au dernier arrêt, quand le chauffeur me dit qu’il faut descendre, je me rends compte que je suis encore très loin de mon “Backpackers Hostel” (sur lequel il y aurait beaucoup de choses à dire…). Je demande à une Vietnamienne qui vient de descendre du bus comment y aller. Elle me dit qu’il faut prendre un taxi et le payer en dong (la monnaie vietnamienne). Je lui dis que je n’en ai pas et lui demande où faire le change. Elle me tend alors un billet de 100 000 dongs (approximativement 5 €), arrête un taxi et lui dit où je vais. Je m’apprête à lui donner le change en dollars, mais elle me dit que ce n’est pas la peine. Au Vietnam, le salaire moyen est d’environ 50 €. C’est un peu comme si en arrivant à Roissy, vous voyant perdu, quelqu’un vous donnait 200 €…

Tam Coc

Discussion

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  1. Peut-on vraiment mettre en doute que les Etats Unis étaient, à l’époque, une grande puissance ? Il faut se souvenir que c’était le temps du monde bipolaire, de la course aux armements, du face à face USA -URSS, etc. Certes cela a changé depuis l’attaque des deux tours jumelles, notamment. En revanche d’accord pour la France, une puissance tout au plus, mais qui a toujours voulu être grande.

    Posté par géopol | 23 mai, 2009, 13:06
  2. le marchandage c’est du bargaining, du verbe to bargain. Mais le principal est le prononce à l’oral, prvada niet ?

    Posté par english | 28 mai, 2009, 16:50
  3. V comme vaciller, vaincre, vampiriser, venger, véhiculer, vexer, violer pouvant caractériser l’histoire du peuple V et les conséquences qui en découlent.
    Mais V comme voyager, vagabonder, varier, vénérer,vibrer, vivre, vivifier, voguer apaisant V par la plénitude qu’offrent ses paysages.

    Posté par soule | 31 mai, 2009, 14:19
  4. Voui !

    Posté par Arthur | 1 juin, 2009, 16:24
  5. “L’Homme est un loup pour l’Homme” qu’il disait…la réaction de la vietnamienne du bus en serait elle la contradiction? A moins que pour le coup, tu es subi le bargaining et que tu te sois fait acheter…

    Posté par Mathieu | 4 juin, 2009, 1:30
  6. Hanoi j’ai adoré, par contre touriste égale argent et dans un pays qui émerge avec un système communiste encore très fort, c’est difficile.
    Le Viet Nam est beau il faut prendre son temps laisser les exaspérations, vous parlez des gens de Cat Ba mais là c’est comme les Jonques de la baie d’Halong c’est tourisme tourisme, ce n’est pas le viet Nam ou du moins tout le Vit Nam.
    Il faut du temps ce sont des asiatiques et c’est complexe, et puis le marchandage c’est presque partout dans le monde….faut voyager que diable :-) , les prix étiquetés c’est bon pour l’europe et les USA, ailleurs, faut pas avoir peur de discuter, c’est même un jeu relationel dans certains pays d’Afrique, ce n’est pas la culture française, mais ça remet pas mal de choses à leur place.

    Posté par solo | 17 janvier, 2010, 17:51
  7. suite du commentaire précedent….
    Je voulais aborder le pb de la prostitution mais c’est partout, nous représentons une clientèle potentiellement riche…..quand il n’y aura plus de prostitution dands les pays riches on pourra peut être s’exaspérer de celle des pays pauvres.

    Posté par solo | 17 janvier, 2010, 17:55